dimanche 08 mars 2026, 09:00

Jill Ellis met l’accent sur la multiplication des opportunités à l’occasion de la Journée internationale des femmes

  • « Plus notre sport prend de l’ampleur, plus les femmes devraient se voir offrir d’opportunités », déclare la directrice du Football de la FIFA

  • Le programme Performances de haut niveau : mentorat pour entraîneures de la FIFA, qui met en relation des entraîneures prometteuses avec des mentors expérimentés, change profondément la donne.

  • « C’est une superbe opportunité de faire part de son expérience et s’enrichir de celle des autres », déclare Camilla Orlando, participante au programme et entraîneure de l’équipe U-20 du Brésil.

Deux titres consécutifs en Coupe du Monde Féminine de la FIFA et deux trophées The Best – Entraîneur de la FIFA pour le football féminin témoignent à eux seuls du talent d’entraîneure de Jill Ellis.

Cependant, elle reconnaît que son réseau, le mentorat dont elle a bénéficié et une part de chance ont également contribué à son parcours, depuis ses débuts comme entraîneure adjointe dans trois universités américaines jusqu’à ses deux titres mondiaux et, aujourd’hui, à son poste de directrice du Football à la FIFA.

« Quelqu’un a cru en moi et m’a ouvert une porte ; cette opportunité, ainsi que le travail auquel je me suis consacrée, ont été le catalyseur de tout ce qui a suivi. »

Head coach Jill Ellis of the USA celebrates with the FIFA Women's World Cup Trophy

Son histoire est une source d’inspiration qui montre ce qu’il est possible d’accomplir quand le talent rencontre l’ambition. Toujours est-il que son parcours reste une exception, et Jill Ellis en est bien consciente. Le nombre d’opportunités au plus haut niveau offertes aux entraîneures ne progresse pas aussi rapidement que la popularité du football féminin à travers le monde. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, célébrée depuis 115 ans pour honorer les réalisations des femmes et appeler à la sensibilisation et à la défense de leurs droits, Jill Ellis a souligné l’importance d’élargir les perspectives pour la prochaine génération de femmes dans le football.

« Plus notre sport prend de l’ampleur, plus les femmes devraient se voir offrir d’opportunités. Mais les chiffres restent très bas », a-t-elle déclaré. C’est pourquoi je pense que ma position actuelle consiste à essayer de trouver des mécanismes, des stratégies et des initiatives qui peuvent ouvrir cette voie et permettre aux femmes d’entraîner au plus haut niveau. Quand les entraîneures se sentent prêtes et bien préparées, leur taux de réussite est plutôt élevé.

« C’est pourquoi il est si important de créer intentionnellement davantage de passerelles dans le football féminin et de collaborer avec toutes celles et ceux qui œuvrent dans ce sens. Ensemble, nous pouvons créer une véritable dynamique. »

Pour Jill Ellis, accroître la représentation ne relève pas seulement de l’équité : il s’agit aussi de visibilité et d’inspiration.

« Lorsque les femmes sont prêtes et bien préparées, nous constatons un taux de réussite très élevé au plus haut niveau », a-t-elle déclaré. « Mais nous devons nous assurer que ces opportunités existent. Quand les gens voient des femmes occuper ces fonctions – compétentes, qualifiées et à des postes de direction –, ils commencent eux aussi à croire que c’est possible. »

Il faut trouver un moyen de s’assurer que ces postes sont occupés par des femmes compétentes et qualifiées, car elles sont les modèles de la prochaine génération… Les autres les voient et veulent suivre leurs traces. 

Jill Ellis
Directrice du Football à la FIFA

Élevée dans son Angleterre natale puis aux États-Unis, où elle a fait ses études secondaires et universitaires, Jill Ellis a pu s’inspirer de ces modèles et mentors. Son père, John Ellis, était lui-même entraîneur. Au milieu des années 1990, elle a eu l’occasion de travailler comme entraîneure adjointe universitaire aux côtés d’April Heinrichs, ancienne figure de l’équipe nationale féminine des États-Unis et future sélectionneuse. Elle a ensuite pu travailler sous la direction de Pia Sundhage lors de la conquête de la médaille d’or aux Jeux olympiques de Pékin en 2008. Une porte s’est ouverte, et elle a su saisir sa chance, ce qui lui a permis d’entrevoir de nouvelles perspectives. Ses compétences et son réseau se sont développés au plus haut niveau.

« Ce qu’on apprend sous pression, sur le moment, en gérant les joueuses, la compétition, etc. Ces expériences m’ont forgée et m’ont préparée à devenir entraîneure principale. Je pense qu’il est de notre responsabilité de veiller à ce que les entraîneures soient prêtes », a-t-elle déclaré.

Le programme de développement féminin de la FIFA, qui offre des bourses d’études pour la formation des entraîneurs et soutient les associations membres (AM) de la FIFA dans la mise en place de cours collectifs pour entraîneurs, femmes ou hommes, et/ou de programmes nationaux de mentorat, constitue un élément important de l’engagement global de la FIFA en faveur du développement du football féminin. Qui plus est, l’initiative Performances de haut niveau : mentorat pour entraîneures de la FIFA soutient le développement des entraîneures à haut niveau en leur assignant un mentor individuel expérimenté pendant 18 mois.

Cette initiative, qui en est maintenant à sa troisième édition, associe 20 des entraîneurs parmi les plus chevronnés du football à des membres de la prochaine génération de tacticiennes de talent venues du monde entier. Parmi les mentors actuels figurent Corinne Diacre, Even Pellerud, Asako Takemoto et Tina Theune.

Camilla Orlando, ancienne entraîneure du SE Palmeiras qui a mené le Brésil au titre de champion d’Amérique du Sud U-20 au Paraguay en février, fait partie de la cohorte de mentorées actuelle. Elle devrait être à la tête de la sélection lors de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA, Pologne 2026™ en septembre. Dans le cadre de ce programme, elle collabore avec Francisco Neto, le sélectionneur de l’équipe nationale féminine du Portugal.

« C’est une superbe opportunité de faire part de son expérience et s’enrichir de celle des autres », a-t-elle déclaré à propos de sa collaboration avec Francisco Neto. « Mon mentor est Portugais, il a participé à la Coupe du Monde et a mis en place un programme pour les femmes au Portugal, je ne pouvais pas rêver de meilleure opportunité. Être entourée de femmes et d’entraîneurs exceptionnels qui m’inspirent, venus de différents pays, est quelque chose de profondément motivant. C’est vraiment incroyable d’évoluer dans un tel environnement. Je suis persuadée qu’on va dans le bon sens et qu’on va aussi aider les autres du mieux qu’on peut. C’est une formidable initiative, et je suis très heureuse d’y participer. »

FIFA Women's Football Elite Performance Coach Mentorship

Camilla Orlando a joué au football universitaire aux États-Unis, puis a occupé divers postes en lien avec la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA 2008, la Coupe du Monde de la FIFA 2014™ et les compétitions de football des Jeux olympiques d’été de 2016 organisés à Rio de Janeiro. Son séjour en Amérique du Nord lui a permis de comprendre « l’ampleur que pouvait prendre ce sport et comment il pouvait transformer des vies », a-t-elle déclaré. Son engagement dans des compétitions internationales de haut niveau lui a permis d’en mesurer directement l’impact.

« J’ai eu la chance de voir de très près certaines des meilleures entraîneures en action à l’occasion de l’une des plus grandes compétitions au monde », a-t-elle confié à propos de son expérience olympique. « Cette expérience m’a beaucoup inspirée et m’a aidée à prendre conscience que c’était possible, qu’un jour, je pourrais moi aussi vivre quelque chose de similaire. »

Son parcours d’entraîneure l’a amenée sur les bancs du SC Internacional, du Red Bull Bragantino, du Real Brasília FC, du SC Palmeiras et de l’équipe nationale des Émirats arabes unis. Un parcours qui devrait désormais bénéficier d’un coup de pouce grâce au programme de mentorat de la FIFA et à la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA qui se déroulera cette année.

« Au début, le plus grand défi était que je devais constamment prouver mes connaissances footballistiques. C’était vraiment pénible », a-t-elle avoué. « Mais j’ai toujours mis à profit les situations difficiles pour évoluer et comprendre comment elles pouvaient m’aider à devenir une meilleure entraîneure. »

Jill Ellis et Camilla Orlando seront probablement au Brésil l’année prochaine, pour la première édition sud-américaine de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. Cette 10e édition, qui fera date, s’annonce comme un moment charnière pour le football féminin en Amérique latine, tout en accélérant encore davantage son essor à l’échelle mondiale.

Jill Ellis a déclaré qu’elle espérait que cet événement majeur changerait également la donne pour les femmes qui cherchent à être davantage prises en compte pour des postes d’entraîneures et de dirigeantes dans le football. Chaque compétition, et les rencontres comme les expériences qu’elle suscite, constitue une marche supplémentaire pour les entraîneures qui suivront les traces de Jill Ellis ou de Camilla Orlando.

« Ces femmes emportent cette expérience avec elles – vers leurs prochains postes et leurs nouvelles opportunités –, en développant leurs compétences de leadership, leur expérience en matière de recrutement et un réseau plus solide », a déclaré Jill Ellis.

« Quand j’ai commencé à entraîner, j’ai appris à tenir mon rang. On apprend à gérer la pression. On apprend à communiquer. Le sport nous enseigne tellement de choses qui peuvent ensuite servir dans le monde de l’entreprise, dans l’enseignement ou dans la vie professionnelle en général.

Non seulement ça nous ouvre des portes, mais ça donne aussi aux femmes qui vivent ces expériences les moyens de changer la façon dont elles se perçoivent elles-mêmes et se perçoivent les unes les autres. Selon moi, il n’y a rien de plus inspirant que les héros, et plus il y aura d’héroïnes au Brésil, plus ça profitera aux générations futures. »